En comptabilité, la différence entre charges variables et charges fixes s’avère très importante. Certains coûts sont irréversibles et imposés aux dirigeants d’entreprise. C’est ce que l’on appelle les charges fixes. Par opposition, il est logique de considérer les charges variables, celles qui varient en fonction du niveau de l’activité. Mais alors pourquoi les différencier ? Il s’agit d’un réel outil stratégique et décisionnel à court terme pour appréhender l’évolution de la société.

Charges fixes et variables : Définitions et exemples

 

Une charge fixe (également appelée charge de structure ou charge structurelle) est une charge qui est conditionnée à l’existence d’une entreprise. Elle ne dépend pas du niveau d’activité ni de production de l’entreprise. Elle sera décaissée dans tous les cas, même si l’activité (autrement dit, le chiffre d’affaires) est nulle. Elle implique une périodicité de règlement dont le montant est stable. 

 

Exemple de charges fixes

  • le loyer ou la domiciliation d’une entreprise
  • les dotations aux amortissements d’immobilisations
  • les primes d’assurances
  • les abonnements
  • les intérêts financiers des emprunts bancaires
  • le remboursement des échéances d’emprunts 
  • les honoraires de certains prestataires (expert-comptable)
  • les salaires versés ainsi que les charges sociales afférentes 
  • … 

 

Attention, les charges fixes peuvent cependant évoluer. C’est le cas d’une revalorisation d’un loyer ou d’une prime d’assurance. 

 

Une charge variable (également appelée charge opérationnelle) est une charge conditionnée au fonctionnement de l’entreprise. Les charges variables varient en fonction du niveau d’activité de l’entreprise. Plus ce dernier est élevé, plus le montant des charges variable le sera et inversement. 

 

Exemple de charges variables

  • l’achat de marchandises et de matières premières
  • les coûts de distribution (transports de marchandises)
  • les frais de packaging 
  • les commissions
  • les contrats de sous-traitance 
  • les frais de déplacement
  • l’électricité

 

A noter également qu’une charge fixe pour une entreprise peut être une charge variable pour une autre. Par exemple, l’électricité peut être une charge fixe pour une entreprise administrative et une charge variable pour une usine puisque son montant évoluera en fonction de son activité. 

 

Il existe également une catégorie de charges appelées “mixtes” ne rentrant pas ni dans la catégorie des charges fixes ni dans celles des coûts variables. On les appelle donc des charges semi-fixes ou semi-variables. C’est par exemple le cas d’une rémunération comportant une partie fixe et une partie variable. 

 

Comment calculer les charges fixes et variables ? 

Pour retrouver les charges fixes et variables d’une entreprise, il convient d’analyser le compte de résultat de l’entreprise par catégorie de dépense. 

Pour chaque compte de gestion, il convient de différencier la partie variable de la partie fixe. 

 

Pour prendre un exemple, dans le compte de résultat, nous pouvons retrouver le compte “613 – Locations”. Ce dernier peut contenir des opérations : 

  • fixes : location d’espace de coworking, location de bureaux
  • variables : location d’un studio d’enregistrement (pour un projet lambda), location d’un véhicule pour se déplacer vers une mission ponctuelle

 

La décomposition de chaque compte du compte de résultat peut s’avérer fastidieuse. C’est pourquoi de nombreuses entreprises mettent en place une comptabilité analytique. Cette dernière permet de ventiler les différentes charges par poste, produit, atelier, centre de décision, etc. Elle permet donc aux dirigeants d’entreprise d’identifier les éléments avec plus de simplicité pour déterminer la pertinence d’une branche d’activité, d’un produit, d’un service. 

 

Aussi, il semble intéressant de produire un compte de résultat différentiel permettant de mettre en avant les coûts variables pour chaque étape de la commercialisation ou la fabrication d’un produit. Il permet donc de dégager la marge effectuée pour chaque étape. 

 

Quel est l’intérêt de calculer les charges fixes et variables ? 

 

La distinction entre charges fixes et charges variables permet au chef d’entreprise de calculer plusieurs indicateurs lui permettant de mettre en place plusieurs axes stratégiques et également de prendre des décisions à court ou moyen terme. 

 

L’indicateur clé à cette prise de décision est le seuil de rentabilité. Il va permettre au dirigeant de calculer sa marge de manœuvre pour supporter ses charges de structure mais également de : 

  • calculer le coût de revient et la rentabilité de chacun des produits vendus ou branche d’activité 
  • abandonner une activité ou la vente d’un produit/service qui ne génère pas ou peu de marge pour l’entreprise
  • définir une stratégie commerciale notamment en fixant un prix de vente sur les produits ou services vendus et ajuster son volume d’activité
  • juger la performance des responsables 

 

La marge sur coût variable (ou MCV)

 

Par définition, il s’agit de l’excédent de chiffre d’affaires sur les charges variables. Dès lors, une fois les coûts variables connus par l’entreprise, il convient de la calculer ainsi : 

Chiffres d’affaires – Charges variables

 

Par analogie, nous pouvons également calculer un taux de marge sur coût variable de la façon suivante : 

Marge sur coût variable / Chiffre d’affaires

 

De cette façon, le calcul de cet indicateur permet à l’entreprise de savoir si elle est capable de couvrir l’ensemble de ses frais fixes. Réel indicateur de rentabilité, il permet de savoir si l’entreprise pourra dégager un bénéfice. 

 

Concernant la partie décisionnel, un produit sera supprimé uniquement si sa marge sur coût variable est négative. Dans le cas contraire, on considère qu’il couvre une quote-part de frais. La performance de chaque produit ou service est analysée par la marge qu’il dégage et qui contribue à la couverture des coûts.

Le seuil de rentabilité et le point mort 

 

Pour un dirigeant d’entreprise, il est important de connaître le montant de ses charges fixes pour lui permettre de déterminer un niveau d’activité pour pouvoir couvrir ces charges et ne pas se retrouver en position déficitaire. Pour ce faire, l’entreprise doit connaître la notion de seuil de rentabilité. 

 

Le seuil de rentabilité permet de déterminer le montant de chiffre d’affaires à atteindre pour que l’entreprise ne réalise ni bénéfice ni perte. Autrement dit, il s’agit du montant de chiffre d’affaires nécessaire pour que le total des produits soit égal au total des charges. Si le seuil n’est pas atteint, l’entreprise est en déficit. S’il est dépassé, elle réalise un bénéfice. 

 

La formule du seuil de rentabilité est égal à : charges fixes / [ (chiffre d’affaires – charges variables) / chiffre d’affaires ]

 

Autrement dit et avec les formules citées ci-dessus, le seuil de rentabilité est égal à : 

Charges fixes / Taux de marge sur coût variable

 

Il est également possible de calculer le nombre de jours (de mois ou d’années) à partir duquel l’entreprise est rentable. C’est ce que l’on appelle le “point mort”. C’est le moment où le total des charges est égal au total des produits. Il est calculé ainsi : 

( Seuil de rentabilité / Chiffre d’affaires ) * 360 

 

On peut définir également :

  • la marge de sécurité : la différence entre le chiffre d’affaires annuel et le seuil de rentabilité. Elle représente le montant du chiffre d’affaires qui peut être supprimé par une conjoncture défavorable sans entraîner de pertes pour l’entreprise. 
  • l’indice de sécurité : la marge de sécurité rapportée au chiffre d’affaires annuel. L’indice de sécurité représente le pourcentage de chiffre d’affaires qui peut être supprimé sans entraîner de pertes pour l’entreprise.
  • l’indice de prélèvement : il représente le pourcentage de chiffre d’affaires permettant de couvrir les charges fixes, soit : (Charges fixes / Chiffre d’affaires) * 100

 

Exemple chiffrée

Une entreprise créée au 01/01/2020 réalise un chiffre d’affaires annuel de 6 000 000 €. Ses charges variables s’élèvent à 3 600 000 € et ses charges fixes à 2 000 000 €. 

 

Marge sur coût variable = 6 000 000 – 3 600 000 = 2 400 000 €

Taux de marge sur coût variable = 2 400 000 / 6 000 000 = 40% 

Seuil de rentabilité = 2 000 000 / 40% = 5 000 000 € 

Point mort = (5 000 000 / 6 000 000) * 360 = 300 jours

Marge de sécurité = 6 000 000 – 5 000 000 = 1 000 000 € 

Indice de sécurité = 1 000 000 / 6 000 000 = 16.67%

Indice de prélèvement = (2 000 000 / 6 000 000) * 100 = 33.33%

 

Ainsi, l’entreprise doit réaliser un chiffre d’affaires d’au moins 5 000 000 € pour atteindre un résultat à 0. Il sera atteint après 300 jours soit à partir du 27 octobre.

 

A titre indicatif et en matière gestionnaire d’une entreprise, la stratégie la plus adoptée est la “variabilisation des charges fixes”. Le but étant de rendre certains coûts fixes variables afin de limiter le risque en cas de baisse du volume d’activité. 

Quand calculer les charges fixes et variables ? 

Le calcul des charges fixes et variables d’une entreprise ainsi que le seuil de rentabilité peut arriver dans différentes étapes de la vie d’une entreprise : 

  • A la création de l’entreprise pour permettre de déterminer le niveau de chiffre d’affaires nécessaire pour être rentable. La détermination de ces coûts sera également importante pour établir un prévisionnel d’activité (autrement dit, business plan). Il est aussi important de connaître ce seuil pour pouvoir formuler des demandes de financement.
  • A tout moment de l’existence de la société, il est nécessaire de connaître l’ensemble de ces données pour pouvoir piloter la société. Ce sont des outils de gestion qui permettent de suivre l’évolution de la société, de définir de nouveaux objectifs et de mettre en place des plans d’actions adéquats. 
  • A la reprise d’une entreprise pour apprécier la rentabilité de cette dernière. 

 

Pour conclure, vous l’aurez compris, le fait de connaître avec précision ses charges fixes et variables permet au dirigeant d’entreprise de pouvoir manoeuvrer son activité avec précision et de prendre les décisions adéquates pour couvrir l’ensemble de ses charges structurelles.