L’auto-entreprise en quelques chiffres

S’il fallait ne retenir qu’un chiffre pour symboliser le poids de l’auto entreprise (ou micro entreprise), ce serait celui-ci : début 2021, 2 millions d’auto entrepreneurs étaient recensés en France. Cela représente un actif sur dix, et près des deux tiers des créations d’entreprises en 2020. 

Le succès de ce statut ne se dément pas depuis son intronisation le 1er janvier 2009. Si la pandémie de Covid a joué un rôle d’accélérateur non-négligeable depuis 2020, elle n’a fait que confirmer une tendance de fond : l’auto entreprise a la cote !  

Quelle différence entre micro-entreprise et auto-entrepreneur ?

La réponse est simple : il n’y en a pas ! Depuis le 1er janvier 2016 et la fusion des deux statuts, les deux termes sont équivalents. Celui de micro-entreprise est toutefois l’appellation officielle bien qu’en pratique celui d’auto-entreprise soit plus utilisé.

Une tendance structurelle en faveur du statut indépendant

Le monde du travail a progressivement changé de paradigme au cours des dernières années. Si le salariat reste bien évidemment la norme pour la majorité des travailleurs, le travail en indépendant est de plus en plus prisé. C’est ainsi que plus d’un Français sur deux envisage une reconversion professionnelle en 2020 selon une étude nouvelleviepro.fr, et près d’un sur quatre avait au moins activé les démarches en ce sens. La vocation entrepreneuriale en constitue l’un des motifs les plus fréquemment mis en avant.  

Du côté des entreprises, les mentalités ont également évolué de manière significative. L’appel à des freelances, qui auparavant suscitait une certaine méfiance et était réservé à certains secteurs d’activité précis, comme par exemple l’ingénierie, présente de nombreux avantages que les firmes se sont appropriés.

Dans les secteurs les plus pointus, la compétence et l’expérience d’un freelance pourra être recherchée sur un point spécifique, sur une durée courte souvent plus facilement qu’en interne. L’entreprise peut ainsi gagner en flexibilité, en réactivité, tout en minimisant les coûts, les engagements et les risques. En effet, si le freelance est en général plus coûteux à la journée, son recrutement nécessite une procédure beaucoup moins lourde que pour un contrat classique, et l’entreprise assume un risque social limité. 

Certains secteurs d’activité (souvent à faible valeur ajoutée) en ont même fait la base de leur business model, en misant sur des indépendants peu qualifiés ou cherchant de petits compléments de revenus pour disposer d’une main d’œuvre abondante et flexible. 

Devenir auto-entrepreneur : choix ou contrainte ?

Si cela est vrai pour n’importe quelle catégorie d’indépendants, on peut distinguer deux catégories d’auto-entrepreneurs. 

La première est constituée de ceux pour qui l’indépendance est un choix. Renonçant aux contraintes relatives au salariat, mais aussi à ses avantages, de plus en plus de personnes sont attirées par les perspectives offertes par le statut d’indépendant : liberté en termes d’horaires et de planification, choix et diversité des missions, recherche de sens dans le travail. 

La seconde est celle pour qui l’indépendance est une décision subie. Ainsi, nombreux sont ceux qui n’ont d’autre choix que celui de se mettre à leur compte, notamment par manque de débouchés sur le marché du travail dans leur branche. 

L’ubérisation de certaines activités a également un impact considérable. Tel est le cas notamment de la livraison à domicile, des coursiers ou encore du transport de voyageurs. 

Il s’ensuit mécaniquement, et c’est là une des principales critiques faites au dispositif, une certaine précarisation des travailleurs dans ces secteurs. 

Il est donc logique que l’on constate un taux relativement élevé d’échecs ou de fermetures sur l’ensemble des micro-entreprises : seulement un tiers d’entre elles sont encore actives cinq ans après leur création, d’après une étude de l’Insee en 2020. 

Création, conditions, formalités, cotisations Urssaf, déclarations de revenus, charges, radiation, impôts : pour l’auto entrepreneur, tout est simple !

Beaucoup de personnes se demandent comment devenir auto entrepreneur ? Quels sont les statuts à rédiger d’une micro entreprise ?

Quels sont les avantages d’une micro-entreprise ? A ces questions, le premier mot qui vient à l’esprit est celui de la simplicité. 

La création d’une auto-entreprise se fait en quelques clics auprès de l’Urssaf, et le cas échéant, en fonction du secteur d’activité, auprès du Greffe du tribunal de commerce ou de la chambre des métiers et de l’Artisanat. 

Cette procédure d’enregistrement rapide permet à l’auto entrepreneur d’être opérationnel et de commencer à facturer ses premiers clients au bout d’un délai record d’une à deux semaines environ. Par la même occasion, le micro entrepreneur bénéficiera de la couverture maladie du régime général de la Sécurité sociale. 

Ensuite, en cours de route, le micro entrepreneur n’est soumis qu’à des obligations très limitées. En pratique, il sera simplement tenu de déclarer son chiffre d’affaires périodiquement (au mois ou au trimestre) pour s’acquitter de ses cotisations sociales, calculées forfaitairement. 

Il pourra également opter pour le versement libératoire de son impôt sur le revenu, ou à défaut bénéficier d’un calcul forfaitaire de ce dernier.

Le micro entrepreneur sera, au moins au début de son activité, dispensé de facturer, et donc de suivre et déclarer, la TVA. Il pourra toutefois opter sur demande, et n’y être soumis de plein droit que lorsqu’il dépasse certains seuils de chiffre d’affaires.

Enfin, lorsque le micro entrepreneur souhaitera mettre un terme à son activité, il bénéficie là aussi de formalités particulièrement allégées : une simple déclaration en ligne, gratuite, suffit pour procéder à la radiation.

On comprend donc très bien que, notamment en comparaison à un exercice en société, la micro entreprise présente beaucoup d’attraits. L’appréciation des avantages et des inconvénients nécessitera toutefois une étude d’ensemble, appréciant plusieurs critères.

Avec des coûts de fonctionnement moindres voire quasi-nuls, et des modalités d’imposition et de cotisation faciles à comprendre, y compris pour les non-gestionnaires, la micro entreprise rassure et met en confiance ceux qui souhaitent se lancer dans l’aventure de l’entrepreneuriat.

Un cumul possible avec le statut de salarié

Grâce à sa souplesse et sa simplicité, l’auto entreprise constitue un excellent moyen pour lancer son entreprise, à peu de frais, et avec des risques limités.

Ce statut peut en effet être cumulé avec un emploi salarié, en parallèle d’un contrat de travail ou dans le cadre d’un congé création d’entreprise.

Dans le premier cas, s’il est évident qu’une même personne ne peut être à la fois prestataire et salariée d’une même entreprise, elle pourra tout à fait exercer les deux en parallèle. 

Près du tiers des micro-entreprises sont ainsi créées en vue de se créer un complément d’activité (31.8% des motifs de création selon une étude Statista en 2017). 

En pratique, les restrictions au cumul sont très limitées : hormis certaines professions réglementées ou les fonctionnaires pour lesquels le cumul est strictement encadré voire interdit, les conditions à respecter concernent essentiellement le salarié et l’employeur eux-mêmes. 

Le salarié devra s’assurer qu’il n’est soumis à aucune clause de non concurrence ou d’exclusivité. 

Il faudra également qu’il veille à bien respecter son devoir de loyauté à l’égard de son employeur. 

Notamment : 

  • ne pas utiliser le matériel mis à sa disposition par ce dernier,
  • ne pas travailler pour son auto entreprise pendant ses heures de travail.

Le salarié pourra donc ainsi aisément utiliser son statut d’auto-entrepreneur pour compléter ses revenus durant son temps libre ou ses congés.

Un premier pas facilité dans l’entrepreneuriat

Le cumul salariat-auto entreprise est une solution idéale pour permettre à un salarié de tester en amont le marché avant de se lancer à cent pour cent dans l’entrepreneuriat. Plus d’un cinquième des micro entreprises sont d’ailleurs créées dans cette optique selon l’étude Statista de 2017.

En effet, il continuera à bénéficier de son salaire, ce qui lui permettra de disposer d’un filet de sécurité appréciable.  

Le dispositif du congé création d’entreprise peut également s’appliquer pour un micro-entrepreneur, qui pourra ainsi quitter son emploi durant 24 mois au maximum pour lancer son projet d’entreprise tout en gardant l’assurance de retrouver son emploi en cas d’échec. 

Dans le même registre, le statut de micro-entrepreneur pourra se cumuler avec les dispositifs relatifs aux demandeurs d’emploi. 

Un chômeur indemnisé par Pôle Emploi pourra ainsi bénéficier du maintien de ses allocations de retour à l’Emploi (ARE). 

Ces allocations viendront compléter la rémunération calculée par Pôle Emploi, et l’équivalent des jours non indemnisés sont alors reportés. Ce dispositif permet ainsi à l’auto entrepreneur de prendre le temps de développer son projet, et de passer plus facilement le cap des premiers mois où la prospection commerciale est essentielle.

S’il le souhaite, et s’il estime que le maintien de ses allocations n’est pas la meilleure option, le micro entrepreneur pourra également solliciter l’AIde à la reprise et la création d’entreprise (ARCE). 

Il disposera alors d’un pécule financier (pour rappel, 45% du reliquat d’allocations versé) lui permettant de compenser une faible marge dégagée par la micro entreprise ou d’amorcer le lancement de l’activité.

Ces dispositifs permettent donc au micro entrepreneur d’aborder sereinement les premiers mois de son activité jusqu’à ce qu’elle soit pérenne. 

Par la suite, il pourra soit poursuivre en conservant ce statut, soit évoluer vers la création d’une société. Si le passage en société constitue parfois l’objectif ultime pour un micro entrepreneur, il sera alors nécessaire d’être bien accompagné pour gérer cette transition de manière optimale, que ce soit en amont ou après la création de la société.