Dernière mise à jour le 28 juin 2022

Le métier d’influenceur est un métier qui peut en faire rêver plus d’un. Mais c’est aussi un métier avec de nombreuses contraintes. 

Tess Jeanne connaît bien ce milieu car elle est chargée du bon entretien des relations entre la marque et les créateurs de contenus et du bon déploiement de la stratégie de marketing d’influence.

A travers son échange avec Florent Meyronnet, elle nous livre les secrets de ce nouveau métier et nous partage son expérience et son lancement en tant que freelance fraîchement diplômée. 

 

 

Florent Meyronnet

– Bonjour à tous et bienvenue sur cette nouvelle vidéo. Aujourd’hui, on va parler d’un nouveau métier. On va parler de l’influence, de l’industrie qui peut faire rêver. Et j’ai la chance aujourd’hui d’avoir Tess avec nous, qui est une experte de l’influence parce que c’est son métier aujourd’hui. Elle accompagne beaucoup d’influenceurs. Je vais lui demander de nous expliquer à quoi ça correspond et de nous donner l’envers du décor. Bonjour Tess, merci d’être parmi nous. On t’écoute.

 

Tess Jeanne : 

– Je suis dans le milieu de l’influence depuis à-peu-près 2 ans / 2 ans ½. Ça m’est tombé dessus : j’ai rencontré une influenceuse par hasard dans la rue et on a été amené à travailler ensemble. C’est comme ça que je suis arrivée là-dedans. 

La plus grosse partie de mon travail, c’est “apporteur d’affaires ». C’est-à -dire que je travaille avec des influenceurs et je les mets en lien avec des marques pour qu’ils donnent de la visibilité à la marque et qu’ils génèrent un certain chiffre d’affaires grâce à leurs réseaux sociaux  principalement. Et je prends une commission sur ce qu’ils gagnent. Donc ça les décharge de la partie administrative tout en leur assurant une fiabilité avec la marque.

 

Florent Meyronnet : 

– Du coup,  toi, les marques, comment est-ce que tu les démarches ? En fait, tu es en quelque sorte un agent pour les influenceurs finalement ?

 

Tess Jeanne : 

– Grosso modo, c’est à peu près ça. Du coup, je démarche les marques soit via leurs réseaux sociaux pour les influenceurs, par mails ou via Instagram directement. Souvent les marques viennent aussi à moi car elles savent que je travaille directement avec certains influenceurs et que c’est moi qui gère la partie « marque ». 

 

Florent Meyronnet

– Ok. Donc en fait, tu as les deux cas : Toi tu vas les chercher. Elles viennent à toi parce que c’est toi qui gère les réseaux et que tu commences à être reconnue ou ils vont directement vers les influenceurs.

 

Tess Jeanne : 

– Exactement ! La plupart du temps, c’est quand même les marques qui viennent à nous (à mes influenceurs et à moi). Après je peux les démarcher de temps en temps, mais ça n’arrive pas très souvent et c’est vraiment la partie de mon travail que j’aime le moins. 

 

Florent Meyronnet : 

– C’est quand même un type de métier qui peut faire rêver les jeunes. d’aujourd’hui. Est-ce que tu peux nous parler de la réalité au quotidien, de ce job ? On a l’impression, en fait, (je vais caricaturer fortement) : qu’on passe son temps à tester de nouveaux produits, à être au bout du monde, en voyage et à s’éclater tout le temps. Est-ce que c’est vraiment ça la vie d’influenceurs ou est-ce qu’il y a des choses particulières qui n’ont rien à voir avec ça ? 

 

Tess Jeanne : 

– Alors moi je suis derrière la caméra, je ne suis pas devant. Mais pour les gens que j’accompagne, ce n’est pas du tout facile à vivre. Ce n’est pas comme on le voit :  ils sont en vacances, prennent un poste en cinq minutes et c’est réglé, gagnent beaucoup d’argent… Non, ce n’est pas ça, c’est un vrai travail. Ça représente énormément de temps à investir pour les réseaux sociaux. De plus, tout la vie privée est exposée. Ils ne peuvent pas avoir de jours de congés, être malade… Quand tu dois poster à une telle date, tu dois poster, peu importe ce qu’il  t’arrive, il n’y a pas de semaine de congés, il n’y a pas de “En août, on part en vacances”. Ils travaillent toute l’année. Toute la journée est dédiée à un placement de produit. Il faut bien l’amener, il faut bien le travailler, il faut faire le montage vidéo, il faut poster et mettre le lien. Ça prend du temps et ce n’est pas facile comme on pourrait le penser. Donc il y a vraiment une moyenne à faire. Ce n’est certes pas le travail le plus dur au monde, mais ce n’est pas non plus un travail hyper facile comme on pourrait le croire.

 

Florent Meyronnet : 

– Oui, d’après ce que tu viens de dire c’est un travail hyper complet et hyper prenant  finalement, pour avoir un résultat derrière qui ressemble à quelque chose : une grande qualité sur les photos, sur les vidéos etc mais qui donne l’impression quand on a pris une image avec un téléphone et que ça nous a pris deux minutes. 

 

Tess Jeanne : 

– Non c’est pas du tout ça. Je le vois parce que je travaille avec des gens qui mettent du temps justement à bien travailler, à faire le travail proprement. Et c’est vrai que parfois, c’est 2-3 h d’affilée, le temps de préparer les vidéos, de savoir ce qu’on va dire, de faire le brief, les petits montages vidéos, de rajouter les gifs, la musique, le swipe up(…) ça prend réellement du temps. 

 

Florent Meyronnet : 

– Ok c’est pas si facile que ça.

 

Tess Jeanne : 

– Non, exactement. Et comme je le disais, c’est vraiment un travail de tous les jours. C’est- à-dire que s’ils ne postent pas, ils ne peuvent pas bien travailler par la suite. Donc c’est vraiment du quotidien à entretenir. Justement, il faut mettre du contenu pour ne  pas perdre notre audience car c’est notre audience qui achète.. On est obligé de maintenir cette communication parce que si on la coupe, demain on a plus d’audience et elle n’achète plus et on n’est plus crédible auprès des marques. Donc tous les jours, ils doivent maintenir cette mise en ligne de leur vie au quotidien pour justement avoir du travail avec des marques. Et après quand ils travaillent avec les marques, là, il y a un travail de brief, de mise en ligne des produits, de tests des produits. Ça prend du temps. En tout cas, moi, je ferais ce métier pour rien au monde, même si c’est bien payé, c’est trop d’investissement, trop de temps et trop d’investissement personnel. Je pense que ça convient à certaines personnes et pas du tout à d’autres.

Florent Meyronnet :

– Et du coup, c’est bien, tu  fais une transition avec quelque chose d’intéressant. On se connait, tu t’es lancée en freelance à la sortie de tes études. Tu as été salarié, mais vraiment pas longtemps. Est-ce que tu peux nous parler du “pourquoi” ? C’est quoi ton “why” ? Pourquoi est-ce que tu n’as pas essayé a minima ?

 

Tess Jeanne : 

– J’ai été salariée durant mes études à travers des jobs étudiants. Après, j’ai été salariée pendant mon alternance. J’avais cette image du  : “Je veux travailler dans une grosse boîte, évoluer etc”. Et en fait pendant mes études, j’ai fait une année d’échange universitaire et c’est là où j’ai rencontré ma première cliente. Et elle m’a lancé là-dedans. Elle m’a dit « On peut travailler ensemble, mais il faut que tu crées ta micro-entreprise et c’est comme ça que je vais te rémunérer ». “Bon, ok, je ne sais pas ce que c’est mais on va le faire quand même, ça ne prend pas longtemps, on part comme ça.”  J’étais à la fois en auto-entreprise et en alternance dans un grand groupe. Et au final je me suis dit que le grand groupe ce n’était pas possible, ce n’est pas du tout fait pour moi. Je ne peux pas faire 9h-18h tous les jours, rentrer, être lessivée, attendre le week-end, pour profiter et avoir tout le temps les mêmes semaines, les mêmes réunions, les mêmes meetings. C’était pas du tout possible. Il fallait demander pour avoir des congés, pour s’absenter. Le télétravail peut-être pas. Mais, en fait , ce n’est pas du tout ce que je veux. Aujourd’hui, ce que je veux, c’est la liberté horaire et la liberté géographique. Donc c’est comme ça que je me suis lancée.

 

Florent Meyronnet : 

– Mais tu as quand même des clients ? Du coup, si tu veux partir en vacances, est-ce qu’il faut quand même s’arranger avec ses clients ?

 

Tess Jeanne : 

– Alors, mon travail est complètement à distance. La majorité de mes clients ne sont pas du tout à Paris, là où je vis . Ils sont dans le sud de la France. Je n’ai pas besoin d’être physiquement présent à un endroit pour communiquer avec eux. Il me suffit d’avoir mon téléphone, d’aller sur internet, je les appelle, je leur envoie des documents ou des briefs et c’est réglé.. Comme par exemple au début du mois de mai, je suis parti deux semaines et ça s’est très bien passé, je n’ai pas eu de problème particulier. Un téléphone à droite et un à gauche et c’était réglé. Je veux dire que je n’ai pas besoin d’être physiquement présente devant mon ordinateur ou sur mon téléphone toute la journée. Je sais que je peux aller à un rendez-vous à droite à gauche, je peux aller au sport, manger avec des copines, mais dans tous les cas, mon travail est fait. Et tant qu’il est fait, tout le monde est content : mes clients et moi.

 

Florent Meyronnet : 

– Ok, donc il faut s’arranger.  Maintenant toi, ça te donne quand même une liberté dans l’organisation de ton temps qui est phénoménale et que tu peux ajuster. C’est ça qui était important pour toi ?

 

Tess Jeanne : 

– Exactement. C’est juste une question d’organisation et de flexibilité.

 

Florent Meyronnet : 

– Et donc c’est possible juste en sortant des études ? On peut monter sa boîte et avancer en sortant tout juste des ses études ? 

 

Tess Jeanne : 

– C’est totalement possible. 

 

Florent Meyronnet : 

– Merci pour l’exemple que tu donnes pour les jeunes, je trouve ça super. 

 

Tess Jeanne : 

– J’encourage toutes les personnes qui sont autour de moi à le faire parce que je trouve que c’est la liberté. En plus je fais un travail que j’aime, il n’y a pas de raison de me faire mal. Je travaille où je veux et quand je veux. Qui peut m’offrir ça aujourd’hui dans le salariat ? Je ne suis pas sûr de trouver quelque chose.

 

Florent Meyronnet : 

– Merci pour ce témoignage et merci pour l’explication du métier d’influenceur. Parce que c’est vraiment quelque chose qu’on ne  connaît pas. Et on voit beaucoup de jeunes qui se disent « Moi je vais faire ça c’est facile ». On a compris qu’il fallait beaucoup d’exigence et de disponibilités, que ça empiétait aussi beaucoup sur la vie personnelle et c’est quelque chose qu’on ne peut pas protéger. On se livre de manière intégrale à sa communauté et je connais des personnes qui aiment vraiment scinder leur vie professionnelle et leur vie personnelle, là, c’est quelque chose qui n’existe pas finalement.

 

Tess Jeanne : 

– Là c’est très compliqué et comme je le dis, ce qu’on donne on ne le reprend jamais. Ce qu’ils donnent publiquement, ils ne le reprennent pas. La popularité publique ne se reprend, jamais. C’est important de le savoir. Et aussi voilà, moi je travaille avec des influenceurs qui travaillent bien. Mais c’est vrai qu’il y a des influenceurs qui travaillent peut-être moins bien et  qui ne perdurent pas. L’influence, c’est bien, mais est-ce que vous voulez faire ça sur du court terme ou sur du long terme ? Après c’est à vous de vous adapter à ce que vous voulez et à vos objectifs. Parce qu’il y a des influenceurs qui travaillent différemment et qui sont très productifs. Mais est-ce que ça va perdurer dans le temps ? Je ne sais pas. 

 

Florent Meyronnet : 

– OK, c’est quelque chose qui n’était pas forcément prévu. Aujourd’hui tu travailles sur quelle plateforme ? 

 

Tess Jeanne : 

– Snapchat, YouTube, Facebook, Instagram. 

 

Florent Meyronnet : 

– OK, et Tiktok ? Pas plus que ça ? 

 

Tess Jeanne : 

– Moins Tiktok. 

 

Florent Meyronnet : 

– Pourquoi ? Il y a une explication à ça ?

 

Tess Jeanne : 

– Pas forcément, je pense que c’est juste une question d’habitude. Mes clients sont sur Instagram et Snapchat, les réseaux avec lesquels ils ont l’habitude. La communauté, elle, est là. Et après, j’ai aussi un client qui est énormément présent sur youtube et donc passer de Youtube à Tiktok, c’est un peu compliqué. On est en train de faire les transitions doucement parce qu’on sait que tiktok c’est quand même une grosse plateforme et il ne faut pas la négliger. Mais ce n’est pas, pour l’instant, notre source principale d’audience. 

 

Florent Meyronnet : 

– Est-ce que tu vois aujourd’hui de nouvelles plateformes qui émergent ou de nouvelles manières de fonctionner dans l’influence ? 

 

Tess Jeanne : 

– Je pense que YouTube va prendre beaucoup de place parce qu’aujourd’hui pour ce qui est d’ Instagram et Snapchat, c’est quand même très temporaire. C’est du “24h”, c’est très rapide. Je pense que Youtube va durer dans le temps. Mais c’est aussi en train de saturer parce qu’il y a énormément de personnes qui se lancent dessus. 

 

Florent Meyronnet : 

– Donc il va falloir faire le tri finalement dans le contenu ?

 

Tess Jeanne : 

– Pas forcément, mais il va falloir bien se développer sur toutes les plateformes et voir ce qui marche le mieux. C’est surtout ça. Bien communiquer et utiliser toutes les plateformes pour que ça soit une force et ne pas en négliger.

 

Florent Meyronnet : 

– OK, merci beaucoup, merci pour ton temps. Merci d’avoir répondu à mes questions. J’y vois plus clair. Et puis bientôt.

 

Tess Jeanne : 

– À bientôt.

 

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