Dernière mise à jour le 27 juin 2022

Lorsqu’on se lance en freelance, on dispose d’une pleine autonomie pour organiser ses journées et mener à bien tous ses projets. Or, il arrive que certains aient du mal à optimiser leur temps et à conjuguer leur vie personnelle avec leur vie professionnelle. 

Caroline Franquet est un véritable couteau suisse dans le domaine du freelancing : elle accompagne ses clients dans la création de contenus, la rédaction, la stratégie ainsi que pour faire grossir leur podcast. 

Au-delà de ses prestations clients, elle cumule plusieurs projets : elle est à la tête de son propre podcast, elle est créatrice de contenus pour Tiktok et Instagram…

A travers son échange avec Florent Meyronnet, comptable chez Numbr , elle nous partage toutes ses astuces pour allier bien-être et performance. 

 

 

 

Caroline Franquet : 

– Salut Florent. 

 

Florent Meyronnet :

– Merci d’être avec nous aujourd’hui. L’idée de cette vidéo, c’est de traiter un sujet qui nous touche tous et qui touche plus particulièrement les indépendants et freelances. C’est un sujet d’organisation. On va essayer de répondre à la question : Comment concilier les prestations clients et les nouveaux projets ?

 

Caroline Franquet : 

– OK, c’est pas facile !

 

Florent Meyronnet :

– Dans notre de notre quotidien, on voit beaucoup d’indépendants et aujourd’hui, je t’ai proposé de faire cette vidéo parce qu’au cabinet quand on parle de Caroline, on se dit : “Mais comment est ce qu’elle arrive à faire tout ça ?” Donc, je vais te laisser te présenter, nous raconter ce que tu fais et puis on ira par la suite plus dans cette problématique d’organisation.

 

Caroline Franquet : 

– Yes ! Alors oui, j’ai un problème, c’est que j’ai beaucoup, beaucoup d’idées et que j’aime bien donner vie à mes idées. Donc il faut que je choisisse. Dernièrement, j’ai plutôt choisi de me lancer à mon compte. Ce qui me permet de dégager du temps pour mes projets perso et de pouvoir lancer mes idées farfelues tout en ayant des clients (ce qui me permet aujourd’hui d’avoir un chiffre d’affaires).  L’objectif à terme c’est que mes projets me rapportent un chiffre d’affaires. Mais ce n’est pas encore le cas donc on essaye de jongler entre les deux. Et donc aujourd’hui, on peut dire que je suis entrepreneure, créatrice de contenus, freelance : c’est le terme que l’on définit comme “slasheur” parce que je fais plein de trucs qui n’ont parfois rien à voir.

 

Florent Meyronnet :

– Ok, donc plus précisément tu crées du contenu. Qu’est-ce que tu crées comme contenu ?

 

Caroline Franquet : 

– Alors, plus précisément sur le contenu. J’ai une chaîne tiktok, j’ai un podcast, j’ai un compte Instagram et je crée du contenu autour de tout ce qui est bien-être, santé et productivité. L’objectif c’est d’essayer de ramener dans le quotidien des personnes, du bien-être mais aussi de la productivité et de la performance. Parce que dernièrement on est un petit peu trop concentré sur la productivité et la performance au détriment du bien-être. 

Et moi, mon objectif, c’est d’abord de me sentir bien. Je fais pas mal de choses pour moi qui vont dans ce sens, je lis beaucoup. C’est vraiment un gros sujet qui m’intéresse : Comment allier bien-être et performance ?  Et je me suis dit autant partager ce que je cherche et autant partager avec d’autres ce que je fais. Donc j’essaie d’en parler le plus possible, même si ce n’est pas toujours évident de rajouter ça à mes prestations clients. 

 

Florent Meyronnet :

– Ok. Donc après, il y a les prestations clients. Et enfin, le troisième projet, moi-même, je l’aime bien. Si tu peux en parler. 

 

Caroline Franquet : 

– Oui ! Alors mes prestations de clients, je fais des trucs un peu différents mais j’ai pris une spécialité un peu dernièrement qui est sur le podcast, où j’aide des podcasteurs à faire grossir leur podcast. Notamment, j’ai travaillé avec Matthieu Stefani sur Génération do it Yourself (https://www.gdiy.fr/). Et là, je suis en train de travailler avec d’autres clients. Aujourd’hui, je m’occupe de 3-4 podcasts principalement. J’accompagne aussi des clients sur tout ce qui est copywriting ou création de contenus, et aussi sur accompagnement et stratégie, (plus branding personnel). Donc ça c’est vraiment ma partie client. J’aime bien quand j’explique aux gens ce que je fais, parce que c’est parfois difficile, même pour moi. Je leur dis que je suis un petit couteau suisse et que j’aime bien apprendre. Donc en règle générale, si on me parachute quelque part, qu’on me dit « Caro, si tu pouvais gérer ça », en règle générale ça se dépatouille. 

Et ensuite, comme j’ai cette spécialité un peu podcast et que j’ai mon propre podcast, je me suis aperçue que c’était chouette de pouvoir enregistrer à distance et que depuis le covid, il y avait énormément de choses qui s’étaient mises en place pour enregistrer à distance, mais qu’on perdait fondamentalement un lien, une connexion avec l’invité et que sincèrement les épisodes sont quand même moins bons. Enfin je trouve personnellement que les épisodes sont moins bons : quand on est pas en face de l’invité, c’est plus difficile. 

 

Florent Meyronnet :

– Donc aujourd’hui ce qu’on fait, c’est moins bon ? 

 

Caroline Franquet : 

– Non mais c’est pas comme si on était face à face. On le sait très bien que c’est pas pareil même si c’est chouette. 

 

Florent Meyronnet :

– Oui, je te rejoins également, il y a moins de saveurs dans l’échange.

 

Caroline Franquet : 

– C’est ça, il y a une intensité qu’on ne retrouve pas, en tout cas, je trouve. Je me suis dit « Je m’en fiche, je suis free, je peux bosser d’où je veux, en plus je suis vraiment habituée à avoir mon PC, mon ordi, mon set up.” Donc, je me suis dit que j’allais toujours enregistrer en direct avec mes invités. Sauf qu’il y a plein d’invités qui sont perdus au milieu de nulle part. Il y en a d’autres qui sont facilement accessibles. Mais il y en a aussi qui ne sont pas du tout proches d’une gare ou d’un aéroport. Donc je me suis dit que ça allait être galère. Et, chemin faisant, je me suis dit que le truc qui serait vraiment trop génial, ce serait d’avoir un studio mobile. Donc j’ai commencé à réfléchir à comment est-ce que je pourrais faire. Et je suis en train aujourd’hui de concevoir un studio de podcast mobile avec un business plan un peu atypique pour aussi bien pouvoir enregistrer mes podcasts, moi personnellement, dedans, que pouvoir proposer à des clients d’enregistrer un podcast et de partir faire un tour de France pour un podcast qu’ils auraient imaginé. 

Mais aussi, il y a un truc qui me tient vraiment à cœur, c’est toujours ce bien-être et cette performance, ce côté “on travaille et on est bien”. Ce sera donc un van  aménagé dans lequel on peut dormir, se doucher. Enfin bref, une espèce de mini appartement, dans lequel il y aura un petit espace studio podcast. Et aussi de proposer ce van en location à des particuliers qui voudraient aller télétravailler en nature, il y aura une antenne 4G, ce sera vraiment pensé “télétravail”.

 

Florent Meyronnet :

– J’adore ce projet. Merci de nous l’avoir partagé. Et du coup, ta journée n’est pas plus longue que les nôtres. Tu as 24h comme tout le monde. Donc, la question qu’on peut se poser c’est : Comment est-ce que tu arrives à faire rentrer tout ça ? Parce qu’il y a les presta clients, ces trois projets, il y a un enregistrement de contenus… Comment est-ce que tu fais pour t’organiser ? 

 

Caroline Franquet : 

– Alors, ce n’est pas tout le temps évident ! Il y a vraiment des semaines où ça glisse tout seul et c’est trop cool et il y a d’autres semaines où c’est un peu plus compliqué. Donc, je me laisse du temps, je me fais accompagner par un coach business qui est génial et qui s’appelle Mounia Erkha (https://www.linkedin.com/in/mouniaerkha/?originalSubdomain=fr) . Je pourrais vous donner ses coordonnées, elle est vraiment, vraiment chouette. Et on travaille énormément sur : Comment est-ce que je peux mieux m’organiser et comment est-ce que je peux allier aussi bien mes prestations client avec mes projets perso, tout en ayant du temps pour moi ? Comment faire en sorte que tout ça fonctionne bien ? Et je pense qu’aujourd’hui, je suis en train de trouver un bon dosage entre mes clients, mes projets perso et le temps dont j’ai besoin. En fait il n’y a pas de secret, j’aime ce que je fais. Donc il m’arrive très régulièrement, je ne vais pas m’en cacher de travailler le soir, de travailler le week-end, mais c’est aussi parce ce que justement comme je suis à mon compte, je m’organise un peu comme je veux. Et c’est aussi parce que certains mardi matin, je ne fais rien, je suis à la plage et je prends un café, je suis avec un bouquin ou je fais quelque chose : je lis, j’écris ou alors je vais juste me promener. 

Je pense que c’est vraiment exactement cette recherche, que j’essaye de partager à travers mon podcast  et ma création de contenus : Comment j’allie bien-être et performance ? Parce qu’en fait, je me suis rendu compte que, quand je suis dans un environnement qui me convient, avec des espaces vraiment vitaux pour moi, où je fais un peu ce que je veux et bien ma créativité est décuplée, et je suis beaucoup plus pertinente, je suis beaucoup plus efficace. J’ai vraiment fait le test.

Par exemple, il y a un truc que j’aime beaucoup faire : déjà habiter à Nice m’aide énormément, ça il n’y a pas de doutes. Que les choses soient dîtes , je retourne à Paris très régulièrement, c’est quand même très stimulant, c’est très agréable et j’adore ça. Mais, j’ai besoin à l’inverse de prendre du temps de repos et donc être à Nice la majeure partie de l’année, ça me fait beaucoup de bien. Donc, par exemple, je me suis rendu compte d’un truc le matin, j’aime beaucoup prendre mon café à la plage et je culpabilise vachement d’aller le matin prendre du temps pour prendre mon café parce que je pars de chez moi il est 8h et puis je rentre il est 10h. Et je me suis dit « Caro, t’abuses 2 h pour aller boire un café avec un pote, t’as quand même autre chose à faire »

 

Florent Meyronnet :

– Mais c’est une sorte de café actif. C’est pas le café, je suis toute seule ?

 

Caroline Franquet : 

– Oui, mais parfois  j’y vais toute seule, je me pose en terrasse et je suis au bord de plage et j’y passe quand même 2 h. Et j’ai fait le test où je fais certains matins sans ça et certains matins avec et sans forcément mettre de pression sur « je n’y vais qu’une demi heure ». Bien évidemment, parfois il faut s’y mettre. Et en fait, je suis dix fois plus efficace avec. J’ai fait certaines tâche en 4 h parce que je n’avais pas été boire mon café et donc je n’ai pas été m’aérer l’esprit, je n’ai pas été marcher et je n’ai pas fait tout ce qui est “social”, on va dire.

 

Florent Meyronnet :

– Oui c’est pas la caféine qui fait ça.

 

Caroline Franquet : 

– Non, ce n’est pas la caféine du tout. Même s’il y a une petite addiction au café que je traite de temps en temps. Mais les fois où je partais prendre mon bol d’air puisque c’est plus ça en réalité, je rentrais et en 2 h c’était plié. Mais vraiment, en 2 h, c’était plié. Voilà, donc c’est le genre de truc que j’essaye de faire et de mettre en place. Ecouter un petit peu, ces moment où j’ai besoin de plus de temps pour moi et les moments où je suis une machine et où je suis capable de travailler beaucoup parce que je sais que j’ai ces moments où je peux travailler aussi.

 

Florent Meyronnet :

– Donc, le premier conseil c’est de se garder des temps pour soi, et des temps d’efficacité réels.

 

Caroline Franquet : 

– Oui. Exactement. 

 

Florent Meyronnet :

– Après, il y a un mot que tu utilises et j’aime bien : c’est que tu dis presta client. Mais tu ne parles à aucun moment de temps. Et je pense que c’est quelque chose qu’il faut aussi démystifier. Quand on est freelance, on n’est pas salarié et donc on n’a pas une journée de travail. On n’est pas obligé de vendre une journée de travail à un client. On peut lui vendre une presta. Et du coup, est-ce que tu as des tips pour les clients ? Est-ce qu’on aborde de la même manière une discussion client dans les deux cas.

 

Caroline Franquet :

– C’est-à-dire dans les deux cas ? 

 

Florent Meyronnet :

– Est-ce que tu as la même discussion avec ton client quand tu lui dis que tu vas lui vendre une prestation ou quand tu lui dis que tu vas lui vendre une journée de travail.

 

Caroline Franquet : 

– Ah non, pas du tout. Moi, ce qui me plait en fait, avec mes clients, c’est le projet. Je choisis vraiment des clients avec des projets qui me parlent et qui me font sens. 

Alors oui, on est forcément obligé au bout d’un moment de vendre du temps : on vend du jour, on vend du temps, un temps de cerveau disponible. Mais, on ne travaille pas toujours de la même façon. Il faut bien l’admettre, certaines tâches vont parfois nous prendre 3 h et parfois ça file tout seul et il y en a pour 1h. Donc il faut réussir un peu à jongler avec tout ça : “Oui, c’est vrai, ça m’a pris qu’1 h, mais en réalité, c’est quelque chose qui d’habitude m’en prend trois.” Ca, j’arrive à me le dire de temps en temps même si ce n’est pas toujours évident, parce que j’aime bien quand c’est bien fait. Et quand je vends du temps à des clients en général, j’aime bien tenir ce temps. Donc, il faut jongler et réussir à savoir : Est-ce que c’était 3h où on était vraiment efficace ? Est-ce qu’on a fait que travailler là-dessus ? Ou est-ce qu’on avait bloqué 3h effectives dans notre agenda mais qu’on a quand même un peu papillonné comme ce qu’on pourrait faire en tant que salarié.

Quand on est freelance c’est très difficile. Et au début, j’avais énormément de mal avec ça. Je n’arrivais pas à me dire « mince », c’était toujours du temps effectif passé. Et en fait, non, la pause café fait aussi partie du temps, c’est normal de prendre du temps pour faire un break, quand on bosse sur un projet. J’avais beaucoup de mal avec ça. Et après, oui, je parle de prestation client parce que je vends quelque chose en fait, et peu importe ce que c’est, je m’adapte aussi avec ce que mon client cherche et a besoin et a envie. Je ne suis pas dans un cadre vraiment fermé. Il y a des clients avec lesquels je travaille sur une mission vraiment continue où j’ai un jour par semaine attribué pour eux. Et on voit ensemble comment définir ce que je vais faire. Il y a d’autres clients que j’accompagne seulement en heures passées et donc en zoom je les aide à définir un peu la stratégie etc. Parfois, je reprends des choses chez moi mais c’est principalement un coaching on va dire. J’ai des demi-journées aussi. Je suis vraiment très flexible par rapport à ce qui est nécessaire. Et si il y a bien une chose que je n’aime pas, c’est vendre parce qu’il faut absolument vendre. On me dit que je suis une mauvaise commerciale mais c’est comme ça. Si je n’y vois pas d’intérêt, je ne vais pas vendre. J’ai justement plutôt tendance à dire à mes clients : “Je pense sincèrement qu’une journée par semaine ce n’est pas forcément nécessaire.” On teste une demi-journée et on avise. 

En tout cas, c’est pour ça que je parle de presta client. Comme, en fonction de mes clients je ne fais pas la même chose, comme j’ai des branches de compétence étendues et comme je ne facture pas de la même façon,  je parle de presta clients.

 

Florent Meyronnet :

– Merci beaucoup. Du coup, on a vu que tu avais différents projets en cours. Est-ce que tu peux nous parler de ton business model là-dessus ? Et de comment tu te projettes demain ?

 

Caroline Franquet : 

– Oui, c’est une bonne question. Le business model sur mes projets en cours. J’ai fait un choix, en fait comme je sais que c’est très important pour moi d’entreprendre et de laisser part à cette créativité et à mes idées qui viennent. J’ai décidé de ne pas me mettre la pression sur le fait que ça ne me rapporte rien aujourd’hui et en prenant le pari que ça me rapporterait plus tard et que même si ça ne me rapporte pas plus tard (et ça c’est très important) et bien ce n’est pas grave parce qu’au moins je me serais éclatée et j’aurais appris plein de trucs. Je vois ça comme une formation aussi un petit peu déjà. Ce que j’apprends pour moi, je peux l’appliquer pour mes clients. 

 

Florent Meyronnet :

– Tu investis et tu t’amuses. 

 

Caroline Franquet : 

– Exactement. Et si jamais, derrière, ça peut me rapporter du business, c’est cool. Mais déjà, ça me donne de la visibilité. Ensuite, j’ai deux ou trois projets qui vont sortir et forcément, ça m’apporte de la crédibilité sur des produits plus physiques ou sur du service.

Par exemple, pour le van, j’ai vraiment réfléchi pour me dire « OK ». Donc j’ai vraiment réfléchi à un vrai business model, parce que c’est un gros projet fort en investissement pour le coup celui-là. C’est pas juste investir de son temps parce que quand on est créateur de contenus, la plupart du temps c’est beaucoup de temps. Mais je me dis du temps, c’est du temps que j’ai, ça ne me coûte rien à part du temps. Mais financièrement, ça n’impacte pas mon chiffre d’affaires ou pas trop. Pour le van, j’ai vraiment réfléchi plus loin, en me disant comment est-ce que je peux mettre en place un business model rentable ? Et puis parfois j’y vais vraiment au feeling, « je sais pas je le sens bien ce truc là, allez j’y vais ». Donc c’est plutôt comme ça que je fonctionne. 

 

Florent Meyronnet :

– OK, merci beaucoup. J’espère que ça pourra aider les personnes qui vont regarder, qui vont lire l’article de blog et puis à bientôt. 

 

Caroline Franquet : 

– A bientôt Florent. 

 

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