Le nombre de freelance ne cesse d’augmenter et la crise de la covid19 ne fait qu’accélérer cette tendance.

Ce fort développement est dû notamment à l’évolution des mentalités, l’avènement du télétravail, le développement de solutions dédiées aux freelances (expert comptable dédiés aux freelance comme Numbr.co, plateforme de freelances…) 

Créer et développer son activité de freelance reste toutefois un parcours du combattant avec des  pièges à éviter.

Vivre de son activité de freelance avant de démissionner

Préparer son projet, affiner son positionnement, effectuer une étude de marché, tester ses services sont autant d’actions que vous pouvez mener tout en restant salarié en parallèle. Il est d’ailleurs vivement conseillé de préparer son projet avant de démissionner. Mais très vite, le temps va manquer pour développer correctement un projet de freelance en complément d’une activité salariée.

Une fois l’étude de marché validée, il est souvent préférable de se mettre à temps plein sur son projet pour maximiser ses chances de réussite.

 

Pour sécuriser financièrement cette phase de lancement, il est possible de bénéficier d’aides de la part de Pôle Emploi.

En effet, si vous quittez votre employeur dans le cadre d’un licenciement, d’une rupture conventionnelle ou même de certaines démissions, vous pouvez utiliser vos droits Pôle Emploi sous forme d’aide mensuelle (ARE) ou d’un capital versé en 2 fois (ARCE)

L’Aide mensuelle (Aide au Retour à l’emploi) peut s’étendre jusqu’à 2 ans (3 ans pour les plus de 53 ans)

L’aide en capital (ARCE) est quant à elle limitée à 45% de vos droits restants mais vous permet  de bénéficier d’un apport plus important au moment de la création.

 

En savoir plus 

Accepter tous les contrats sans réfléchir

 

La tentation est grande d’accepter tous les contrats proposés, encore plus en phase de démarrage. Or il faut parfois savoir dire NON pour certaines raisons.

 

La mission n’est pas assez rémunératrice.

Le tarif de la mission est trop bas ou le volume de travail demandé est trop important pour le prix. Dans ces deux cas, le risque est de ne pas arriver à se sortir le salaire souhaité mais également de ne pas avoir suffisamment de temps pour démarcher de nouveaux clients.

 

La contenu de la mission n’est pas adapté à vos compétences

La mission peut être surdimensionnée par rapport à vos compétences. Vous prenez donc le risque de ne pas arriver à mener à bien la mission ou de devoir travailler beaucoup plus que nécessaire. A l’inverse, si la marche n’est pas trop haute, cette mission peut vous permettre de développer de nouvelles compétences et ainsi d’étendre votre offre de service. Une mission peut également être refusée car sous dimensionnée et donc pas très intéressante.

 

Vous ne “sentez” pas la mission

Certaines missions vont correspondre à la fois à vos aspirations financières et à votre domaine d’expertise mais il y a un petit quelque chose qui cloche. 

La société est dans un domaine d’activité contraire à vos valeurs, le dirigeant est  « spécial », vous avez des doutes sur la solvabilité de l ‘entreprise, les freelances défilent mais ne restent pas… bref, vous ne sentez pas la mission. Dans ce cas, il est important de refuser la mission. Il vaut mieux rater une bonne mission que d’accepter une mauvaise.

Trop servir ses clients

 

Quand on débute une mission, on a toujours tendance à vouloir en faire plus. En effet, un des grands principes de la satisfaction client est de délivrer plus que l’attendu.

Cela passe par plus de temps passé (et non facturé) sur les missions et également l’ensemble des “petits plus” que le client n’attend pas mais que vous allez lui offrir. ex: le café que vous offre le restaurateur en fin de repas, la bouteille de champagne de l’agent immobilier après une vente ou les plans imprimés et reliés en top qualité que vous donne l’architecte.

Même si la satisfaction client est au cœur de votre développement commercial, attention à ne pas trop en faire. Ces exceptions peuvent très vite devenir la règle, rogner votre marge voire susciter de l’insatisfaction client si vous n’arrivez pas à tenir ces standards sur la durée.

Une des solutions consiste alors à pointer son temps par mission pour vous assurer que le temps passé soit conforme à la tarification.

 

Si vous êtes amené à travailler plus que le volume d’heure convenu sans facturer en complément, il est préférable de valoriser ce temps de travail sur votre facture quitte à appliquer une remise commerciale sur cette prestation.

Le client comprend alors que cette prestation supplémentaire n’a pas été facturée à titre exceptionnel.

 

Ne pas réaliser de plan d’action

 

Le plan d’action c’est l’outil stratégique le plus important pour un freelance. 

Cette feuille de route permet de fixer ses objectifs ainsi que de déterminer et hiérarchiser les actions à mener pour les atteindre. 

Pas de formalisme particulier pour ce document mais il est bien entendu primordial de suivre ce plan d’action, de s’y référer régulièrement et de le modifier si besoin.

Un conseil extérieur peut également vous aider à construire ce document en apportant un oeil différent.

Être trop distrait

 

Homme orchestre, le freelance doit jongler avec ses différentes casquettes (production, commercial, administratif), produire avec qualité, respecter les deadlines de ses clients et des différents organismes fiscaux et sociaux (déclarations diverses) et trouver régulièrement de nouveaux clients. Le freelance engage également son image et sa responsabilité en cas de pépin.

Cela requiert des qualités de rigueur, d’organisation et d’efficacité donc pas de place pour les “trop distraits”.

Avoir un statut juridique non approprié

Un “bon” statut ne vous ramène pas de client et n’est encore moins synonyme de réussite, mais un mauvais statut peut sans aucun doute faire échouer un projet ou pire encore.

 

Choisir un statut c’est choisir sa protection sociale…

En effet, vos remboursements de soins de santé, vos indemnités en cas d’arrêt de travail, et votre retraite dépendent clairement de votre statut juridique. Il faut donc le choisir avec parcimonie pour bénéficier d’une protection sociale adaptée à vos besoins.

 

Choisir un statut c’est choisir sa protection du patrimoine

Le choix du statut va également définir votre responsabilité en cas de défaut de paiement. Elle peut être limitée à vos apports ou illimité. Vos biens personnels peuvent alors être engagés en cas de coup dur.

 

Choisir un statut c’est choisir une fiscalité

Le statut juridique et les options fiscales vont influencer votre fiscalité : impôt sur les sociétés ou impôt sur le revenu, assujetti à la TVA ou non, imposition en fonction des bénéfices ou du CA …autant de choix à faire et qui vont vous permettre de payer plus ou moins d’impôts et charges sociales.

Encore une fois, ces choix vont dépendre de votre situation et beaucoup de paramètres entrent en jeu : imposition de votre foyer fiscal, situation administrative, type de clientèle…

Bien entendu, nous vous conseillons de vous faire accompagner par un cabinet d’expertise comptable comme NUMBR sur ces sujets à fort enjeux.

 

S’isoler

 

Même si c’est cool de travailler seul à la maison, l’isolement peut très vite s’insinuer dans la vie des freelances.

Selon une étude menée par BPI Lab, 45% des dirigeants de PME/TPE se sentent isolés.

Les conséquences sont multiples : manque de prise de recul, difficultés à développer son activité, angoisse, manque de lien social, burn out dans les cas les plus graves…

 

Pourtant l’isolement n’est pas une fatalité et il existe plusieurs antidotes :

  • Participer à des réseaux d’entrepreneurs
  • Travailler dans des espaces de coworking
  • Se faire accompagner par un conseil extérieur
  • Se former régulièrement
  • Se déplacer pour rencontrer du monde
  • Etre entouré par d’autres entrepreneurs avec lesquels partager son quotidien
  • Être soutenu par son entourage proche

 

https://lelab.bpifrance.fr/Etudes/vaincre-les-solitudes-du-dirigeant

Ne pas se préoccuper de l’administratif

Etre freelance c’est porter 3 casquettes à la fois : 

 

La casquette technique = produire correctement des services.

C’est souvent la casquette la plus maîtrisée et la plus appréciée d’un freelance.

 

La casquette commerciale = vendre les services

Ce n’est pas la casquette la plus appréciée mais la plus urgente car il faut rapidement vendre pour pouvoir développer sa société et se sortir un salaire. Elle est donc prise en compte très vite par un dirigeant.

 

La casquette gestion =  organiser, contrôler et piloter votre activité

C’est clairement la partie la moins sexy mais elle ne reste pas moins primordiale sur le long terme. Pas de secret pour optimiser sa gestion si ce n’est de se prévoir du temps chaque semaine (dans son temps de travail) et de mettre en place des process et des outils pour simplifier au maximum son administratif.

 

Penser à court-terme

 

Prendre du recul, anticiper et se projeter à long terme font partie des prérogatives d’un bon dirigeant.

En effet, le freelance se doit d’avoir une vision long terme pour anticiper le développement de sa société, les évolutions de son marché ou les problématiques futures.

De cette vision long terme, vont découler le plan d’action et les choix à effectuer : recruter un salarié, se former sur une nouvelle technologie, investir du temps sur un sujet…

Pas de recette miracle pour écrire sa vision long terme, si ce n’est de prendre le temps régulièrement, éventuellement en se faisant accompagner, de se poser sur la stratégie de sa société.

Mettre en place des prix trop bas

 

On est souvent tenté de fixer des tarifs bas en phase de lancement. “Pour une première mission”, “pour se roder”, “parce que l’on a pas encore de client”…on trouve beaucoup d’arguments pour justifier un tarif très bas. Sauf qu’il est très difficile d’augmenter ses tarifs par la suite. En outre, les clients attirés par un prix faible ne seront certainement pas vos clients de demain.

 

Le BON prix doit être construit en prenant en compte 3 paramètres : 

 

Prix de marché 

Avant de fixer son tarif il faut connaître les prix des concurrents. Ce prix varie en fonction de l’expérience, de la technicité de la mission, du nombre de jours de mission…

 

Prix psychologique

C’est le prix que les clients sont prêts à payer pour la prestation proposée. Plus votre offre est unique, plus ce prix peut être décorrélé du prix de marché.

 

Prix de revient

Le bon tarif est avant tout celui qui permet de vous rémunérer un salaire cohérent avec votre expertise et qui prend en compte les temps non facturés (formation, congés, démarchage commercial, administratif…) En d’autres termes, si vous facturez 100 jours par an, ce chiffre d’affaires doit vous permettre de vous rémunérer 365 jours