En tant que dirigeant, vous êtes soumis au paiement de nombreuses charges, et ce quelle que soit la forme juridique de votre entreprise :

 

  • les charges liées à l’exercice de votre activité (achats, stockage, emballage, transport, expédition…)

  • les charges de fonctionnement (locaux, assurances, matériel, déplacements, publicité, honoraires des experts-comptables et/ou des avocats…)

  • les charges sociales et fiscales telles que les salaires, les impôts et les taxes.

Autant de dépenses qui peuvent peser lourd dans la balance. Vous vous demandez comment optimiser les charges auxquelles votre entreprise est soumise ? Ou, en d’autres termes, comment bénéficier des déductions existantes pour diminuer le montant de l’impôt et ainsi accroître la rentabilité de votre activité ? Il existe des pistes d’amélioration. En voici quelques-unes.

S’entourer de professionnels expérimentés

Avant de penser à optimiser ses charges, il est important de bien connaître les règles sociales et juridiques qui régissent son activité. Or, la législation étant complexe et changeante, il n’est pas toujours facile d’y voir clair. Conséquence de cette opacité ? Une majorité d’entreprises paie régulièrement des sommes indues. Faire appel à un spécialiste (avocat en droit fiscal, expert-comptable…) permet d’éviter cet écueil, et d’opter pour le régime fiscal le plus adapté à sa situation. Grâce à l’assistance personnalisée d’un professionnel, vous pourrez en effet déterminer des postes d’optimisation, tout particulièrement en ce qui concerne les cotisations salariales et patronales, et l’abattement pour frais professionnels.

Bénéficier des avantages fiscaux pour les auto-entrepreneurs

Si vous venez de lancer votre auto-entreprise, vous pouvez bénéficier de l’ACRE (Aide à la création ou à la reprise d’une entreprise), qui est un dispositif d’exonération partielle des charges sociales. Cette aide est octroyée pour la première année qui suit la création de l’entreprise, sous certaines conditions. L’exonération est totale si vos revenus sont inférieurs à 30 852€. Au-delà, elle devient dégressive. À l’issue des 12 premiers mois, l’exonération des charges sociales prend fin, et vous serez alors soumis aux taux classiques. Et ce n’est pas tout. La première année d’activité, l’auto-entrepreneur est également exonéré de la Cotisation Foncière des Entreprises (CFE).

Optimiser la déduction des charges courantes

Si votre entreprise est soumise au régime fiscal de l’impôt sur les sociétés, vous savez peut-être que la plupart des charges qui entrent dans l’intérêt direct de l’entreprise sont déductibles, sauf exceptions prévues par la loi. Mais peut-être l’ignorez-vous tout simplement. En effet, de nombreuses entreprises ne savent pas quelles charges peuvent être déduites de leur résultat. Elles se retrouvent donc à payer plus de charges qu’elles n’en devraient.

Il existe pourtant de nombreuses charges déductibles du résultat fiscal d’une entreprise : recours à un prestataire, frais de publicité, frais de représentation, fournitures, déplacements professionnels, sommes versées aux salariés à titre de salaire, d’indemnité ou d’avantage en nature… Le recours à un expert-comptable devra vous permettre d’y voir plus clair.

Gérer les déficits

Une entreprise qui subit un déficit au cours d’un exercice a la possibilité de réduire son impôt sur les sociétés. Le déficit subi sera en effet considéré comme une charge déductible du bénéfice des exercices suivants. Il existe alors 2 options : soit l’entreprise reporte le déficit pour le déduire des bénéfices de son prochain exercice (report en avant), soit elle le reporte sur l’exercice précédent pour obtenir une créance d’impôt (report en arrière). Le montant des déficits pouvant être reportés sur un exercice bénéficiaire est plafonné à 1 million d’euros + 50% du bénéfice excédant 1 million d’euros.

Profiter des exonérations d’impôts sur les sociétés

En matière d’impôt sur les sociétés (IS), il existe deux sortes d’exonérations :

  • les exonérations relatives à certains revenus

  • les exonérations relatives à certaines entités.

Certains revenus sont ainsi systématiquement exonérés d’impôt sur les sociétés, comme les plus-values sur les titres de participation ou les dividendes versés à une société mère, après la réintégration d’une quote-part de charges de 5%.

Certaines entités peuvent également bénéficier d’une exonération d’impôt sur tout ou partie de leur résultat. C’est notamment le cas des jeunes entreprises innovantes ou des entreprises situées en zone franche urbaine.

Analyser ses frais pour améliorer sa performance

En réduisant les charges de votre entreprise sur le long terme, vous préservez sa trésorerie, et augmentez donc sa rentabilité. Vous contribuez également à la pérennité de votre activité. Réaliser des économies sur vos frais divers et variés peut donc avoir un impact très important sur votre entreprise ! Pour cela, nous vous conseillons d’analyser l’ensemble de vos frais, sans en négliger aucun : frais de déplacement, frais annexes au loyer, frais d’assurance, d’énergie, de communication, etc. Tout doit être passé à la loupe. Vous verrez alors qu’il existe très certainement des postes de dépense qui peuvent être diminués. Cela peut concerner par exemple l’achat de fournitures, ou la consommation d’électricité.

Dans le même temps, n’hésitez pas à renégocier les prix de manière régulière avec vos fournisseurs. Il est important, en tant que chef d’entreprise, de payer le prix juste pour chaque prestation. Revoyez dans le détail chaque contrat signé avec vos prestataires : sont-ils cohérents par rapport à vos besoins ? Certains d’entre eux peuvent-ils être renégociés ?

Faire baisser son bénéfice imposable

Si vous êtes entrepreneur individuel, vous êtes soumis à cotisations sur votre bénéfice imposable. Vous aurez donc tout intérêt à optimiser ce dernier en prenant en compte l’ensemble de vos charges déductibles. C’est notamment le cas des amortissements, qui constituent des charges non décaissables, et qui devront être soigneusement comptabilisés.

En outre, il existe de nombreux dispositifs spécifiques qui permettent aux dirigeants d’entreprise individuelle ou associés de sociétés soumises à impôt sur le revenu, de réduire leur bénéfice imposable. Saviez-vous par exemple que vous aviez droit à une réduction d’impôt égale à 60 % des versements (dans la limite de 5 ‰ du chiffre d’affaires) pour tout don à des œuvres d’intérêt général ? Ou que les dons faits aux organismes de formation professionnelle continue et aux organismes de construction peuvent être déduits sans limitation légale ? N’hésitez pas à vous rapprocher de votre expert-comptable pour en savoir plus.

Mettre en place un plan d’intéressement

La mise en place d’un contrat d’intéressement dans lequel le dirigeant est également bénéficiaire constitue un outil d’optimisation fiscale particulièrement avantageux. Depuis 2005, les dirigeants d’entreprise peuvent bénéficier d’exonération de charges sociales et de crédit d’impôt lorsqu’ils mettent en place un contrat d’intéressement dans leur entreprise. Pour cela, ils doivent employer au moins 1 salarié, mettre en place un tel contrat au moins 6 mois avant la date de clôture de l’exercice comptable et proposer le versement d’un montant plafonné à la moitié du plafond annuel de la sécurité sociale soit 20 568 € maximum pour l’année 2020.